Le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) d’Île-de-France a adopté, à l’issue d’une démarche prospective conduite par l’ensemble de ses 190 conseillers et conseillères en lien avec le Conseil régional des jeunes, un rapport de référence : « L’Île-de-France en 2050 : demain se décide aujourd’hui. 22 propositions pour un futur plein d’avenir ! ». Présenté en séance plénière le 22 juin 2026 et publié le 30 septembre 2026, ce travail mobilise trois temps forts : anticiper les mutations qui traverseront la région d’ici 2050, imaginer l’Île-de-France « idéale » de demain, puis concrétiser cette vision par cinq défis assortis de 22 propositions concrètes.

La CNAMS Île-de-France s’attache tout particulièrement à ce rapport, dont elle fut directement partie prenante : Patrick Briallart, ancien président et aujourd’hui secrétaire de notre organisation, siège au CESER Île-de-France au sein du collège des entreprises et des activités professionnelles non salariées. La voix des métiers artisanaux des services et de la fabrication a donc été entendue dans la préparation de ce travail, qui engage l’avenir économique et social de nos territoires.

Un monde en mutation, une région sous tension

Le rapport pose d’abord un diagnostic sans complaisance. Le changement climatique constitue le fil conducteur des transformations à venir : réchauffement estimé à +2 °C en 2050, multiplication des épisodes extrêmes, montée des eaux de 30 à 60 centimètres à l’échelle mondiale. Le vieillissement démographique — l’ONU anticipe un doublement du nombre de personnes de plus de 60 ans d’ici 2050 —, la fragmentation géopolitique et la généralisation de l’intelligence artificielle redessinent simultanément les équilibres économiques, sociaux et institutionnels.

L’Île-de-France n’échappera pas à ces bouleversements. La région resterait relativement jeune, avec un solde naturel positif jusqu’en 2070, mais sa population plafonnerait à environ 12,75 millions d’habitants au début des années 2040 avant de refluer. Surtout, plusieurs tensions structurelles sont identifiées : des besoins en logements estimés à plus de 100 000 unités supplémentaires chaque année, alors que la région en produit environ 70 000 ; 60 % de la population francilienne résidant en zone d’intervention prioritaire de santé ; une perte de 60 000 emplois industriels depuis 2008.

Pour les entreprises artisanales, ces constats résonnent directement : transformation des métiers sous l’effet de la robotisation, de la digitalisation et de l’intelligence artificielle, progression rapide des métiers « verts » — rénovation énergétique, ingénierie environnementale, économie circulaire —, alors qu’une large part des métiers de 2050 n’existe pas encore. Les enjeux d’orientation, d’information des jeunes, de formation et de reconversion deviennent ainsi déterminants.

C’est précisément le cœur du combat de la CNAMS Île-de-France et de ses fédérations : valoriser les métiers, garantir la compétence et sécuriser les parcours.

Une vision : une région polycentrique, sobre et résiliente

Face à ces évolutions, les conseillers du CESER formulent une vision positive et volontariste. En 2050, l’Île-de-France doit être une région polycentrique, sobre et résiliente, organisée autour d’un maillage de centralités urbaines bien connectées, valorisant les proximités, la mixité des usages, les mobilités douces et la sobriété foncière. Ce modèle de développement concilie attractivité économique, santé, respect des écosystèmes et neutralité carbone, avec une attention particulière portée à l’eau, à la biodiversité, à l’énergie et à la qualité de l’air et des sols.

Le rapport s’appuie sur le cadre stratégique du SDRIF-E, qui fixe notamment l’objectif du Zéro Artificialisation Nette en 2050, celui d’une énergie décarbonée à 100 %, et qui consacre 1 290 hectares à la réindustrialisation du territoire. La perspective d’une réindustrialisation francilienne, adossée aux projets de transition environnementale — géothermie, biométhanisation, photovoltaïque, rénovation énergétique —, constitue une opportunité majeure pour les métiers de la fabrication comme pour ceux des services de proximité.

Cinq défis, vingt-deux propositions

La partie opérationnelle du rapport se structure en cinq défis à relever d’ici 2050, chacun assorti de propositions concrètes :

  1. Se former et travailler en Île-de-France ;
  2. Mieux se déplacer en Île-de-France ;
  3. Se loger, se nourrir, se soigner en Île-de-France ;
  4. Vivre dans un environnement sain, apaisé et sécurisé en Île-de-France ;
  5. S’engager et vivre ensemble en Île-de-France.

Ces vingt-deux propositions tracent un chemin résolument réaliste et pragmatique, conformément aux partis pris assumés par le CESER : être concrets — « l’argent public ne tombe pas du ciel » —, être positifs face aux changements perçus aussi comme des opportunités, et associer à chaque étape la génération Z, qui « sera à la manœuvre » en 2050.

Les défis relatifs à la formation et au travail, au logement, à l’alimentation et à la santé, ainsi qu’à l’environnement quotidien des Franciliens touchent au quotidien même des entreprises artisanales : ce sont leurs marchés de demain, leurs besoins en compétences, et leurs conditions d’exercice.

La CNAMS Île-de-France, actrice de la construction de demain

La publication de ce rapport tombe à point nommé, alors que le CESER Île-de-France organise le 15 octobre 2026 un colloque consacré aux questions de fond soulevées par ce travail : place du travail en 2050, adaptation des aménagements urbains aux aspirations des Franciliens, cohabitation avec la nature, et rôle des citoyens dans la mise en œuvre de leur cadre de vie. Débattre, réfléchir, préparer l’avenir : autant d’exercices dans lesquels la société civile organisée, dont nos fédérations professionnelles, a toute sa place.

La présence de Patrick Briallart au sein du CESER Île-de-France illustre l’engagement continu de la CNAMS Île-de-France dans les instances de dialogue régional, aux côtés des pouvoirs publics, des représentants syndicaux et du monde associatif. La défense des intérêts et des valeurs de nos adhérents se nourrit de ces travaux prospectifs : anticiper les qualifications de demain, préparer la transformation écologique et numérique des métiers, et contribuer à une région où il fait bon entreprendre et vivre.

Le message central du CESER — demain se décide aujourd’hui — rejoint la conviction que la CNAMS Île-de-France porte auprès de ses adhérents : les choix effectués maintenant, en matière de formation, de transition environnementale, de mobilités et d’aménagement du territoire, détermineront la capacité des entreprises artisanales des services et de la fabrication à saisir les opportunités de la décennie à venir.

En savoir plus

Le rapport complet, sa synthèse et le magazine « L’Île-de-France en 2050 » sont consultables sur le site du CESER Île-de-France, à l’adresse suivante : https://ceser.iledefrance.fr/travaux/ile-de-france-en-2050-demain-se-decide-aujourdhui/